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Ni report, ni affaiblissement des mesures fiscales annoncées pendant la campagne! La révolution fiscale est une urgence absolue.

S’il est une réforme qui devrait ne souffrir aucun retard, ni le moindre recul c’est la réforme fiscale. Car cette redistribution des richesses est un levier majeur de sortie de crise, de relance de la croissance, du redressement économique et de la justice sociale.
En réorganisant notre fiscalité le gouvernement doit
- dégager des moyens financiers supplémentaires pour les politiques publiques et pour combler les déficits largement creusés par les cadeaux fiscaux de Sarkozy
- relancer le pouvoir d’achat des couches populaires
- taxer la rente, la spéculation, les placements non productifs pour soutenir l’économie réelle.
- combattre les inégalités de revenus et de patrimoine qui ne cessent de s’accroître.

François Hollande avait annoncé dans son calendrier du changement une réforme fiscale pour l’été 2012: “plafonnement et suppression de niches fiscales, modulation de l’impôt sur les sociétés au bénéfice des PME et entreprises réinvestissant leurs bénéfices, surtaxe sur les banques et les sociétés pétrolières, retour au barème de l’ISF, suppression de l’exonération sur les grosses successions, taxation des revenus du travail comme ceux du capital, tranche d’imposition à 75% au dessus de 1 million d’euros”
Certes, il y a bien eu, en juillet la suppression de la “TVASarkozy” et de certaines niches fiscales comme un prélèvement exceptionnel sur les entreprises pétrolières, mais l’essentiel n’ à pas été engagé.
À première vue, le report de quelques mois de ce grand chantier fiscal n’apparaît pas dramatique, sauf à considérer que les retards pris vont placer le gouvernement sous la pression des plus fortunés, du MEDEF, de la droite et éroder les ambitions re-distributrices. Le risque est assez fréquent qu’à mesure que l’on s’éloigne de l’élection, le rapport de force issu des urnes paraisse s’affaiblir et que les mesures gouvernementales finalement retenues soient en deçà de ce qui était promis.
Cette spirale doit absolument être conjurée. C’est pourquoi la mobilisation politique active des partis et forces de gauche est essentielle à la réussite du changement. C’est pourquoi un parti comme le PS ne doit pas se contenter d’accompagner les choix gouvernementaux et doit intervenir pour affirmer sans faiblesse l’exigence de changement, une vision alternative des choix économiques et sociaux ainsi que la tenue des engagements qui répondent aux aspirations populaires et de justices sociales.
J’ose espérer que les informations qui circulent dans les journaux ce matin sur l’affaiblissement de la portée de la taxation à 75% de la tranche d’imposition au dessus d’1million d’Euros, comme le report de la modulation de l’Impôt des sociétés en faveur des PME par rapport aux grosses entreprises sont inexactes. Ce sont deux mesures importantes pour la justice fiscale.Et en tout cas, je ne vois pas comment les parlementaires de gauche pourraient l’accepter. Ce serait un recul inquiétant. On peut encore intervenir et c’est ce que les militants les citoyens doivent faire.

La révolution fiscale doit être au cœur du congrès socialiste.

On peut par ailleurs s’étonner de la coïncidence d’annonces – je le répète, j’espère qu’aucune décision gouvernementale n’est encore prise- entre ces baisses d’ambition sur le réforme des impôts, annoncée pendant la campagne, et le maintien stricto sensu des engagements sur la réduction des déficits pour atteindre les 3% de PIB en 2013, alors même que la croissance prévue sera plus faible et que la ponction effectuée sur l’intervention publique amplifiera les menaces de récession!

Je ne comprends pas et je crains ne pas être la seule à estimer que cette tenue sélective des engagements pose un problème politique qu’il vaut mieux éviter!

Copyright © 2012 Marie-Noëlle Lienemann. Tous droits réservés.