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Ma réponse aux pétitionnaires défendant l’objectif des 20% de Bio dans les cantines

manger_localCher Monsieur, Chère Madame,

Vous m’avez fait connaître votre soutien à l’obligation de 20% de produits bio dans les cantines scolaires et à la proposition de loi visant à favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation, adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale et examinée au Sénat.

Je suis pour ma part très favorable à cette disposition – par ailleurs déjà inscrite dans le Grenelle de l’environnement- ainsi qu’à la re-territorialisation de l’alimentation. J’ai soutenu et soutiens encore les propositions de Joël Labbé qui s’est attaché d’une part à chercher un accord majoritaire, d’autre part à proposer un équilibre entre l’exigence bio et l’attachement à l’approvisionnement local.

Hélas, les sénateurs centristes et ceux du groupe « Les Républicains » ont voulu, purement et simplement, supprimer toute référence aux 20% de produits Bio dans la restauration collective. Comme ils sont majoritaires dans la Haute Assemblée, le texte a retiré cette référence, et ce en dépit du vote unanime en première lecture au Palais Bourbon.

De surcroît, manifestement ces groupes voulaient faire obstacle à l’approbation de cette loi même édulcorée. Ainsi, ces sénateurs ont utilisé le règlement du Sénat qui oblige de clore le débat d’une proposition de loi présentée par un groupe dans un délai de 4 heures. Ils ont multiplié les temps de parole pour que l’entièreté du texte ne puisse être votée en temps utile, repoussant ainsi à une échéance ultérieure l’examen de cette proposition de loi avant sa transmission à l’Assemblée Nationale pour une seconde lecture.

Vous pouvez retrouver mon intervention en séance sur mon blog : http://www.mnlienemann.fr/2016/03/mon-intervention-en-seance-publique-pour-defendre-lobjectif-de-20-de-bio-dans-les-cantines/

Ces manœuvres dilatoires en disent long sur les freins que la droite sénatoriales déploie régulièrement pour s’opposer au développement de l’agriculture BIO ainsi qu’à l’agroécologie. Le groupe socialiste a été unanime pour défendre la proposition de loi et les suggestions du rapporteur qui n’a pas ménagé ses efforts pour tenter un large accord. Hélas, ils furent vains.

Vous pouvez compter sur ma détermination pour poursuivre ce combat et vous prie de croire, madame, monsieur, à l’expression de ma considération distinguée.

Marie-Noëlle Lienemann

Le texte de la pétition :

Madame la sénatrice,
Monsieur le sénateur,

Le mercredi 9 mars prochain, vous aurez la responsabilité de débattre et d’adopter la proposition de loi numéro 303 visant à favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation.

Adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale le 14 janvier 2016 par l’ensemble des groupes politiques, cette proposition de loi a été profondément dénaturée à l’occasion de son passage en commission des Affaires économiques au Sénat le 2 mars dernier.

Un amendement, a en effet, supprimé l’obligation de respecter le seuil de 20 % d’aliments issus de l’agriculture biologique, à l’horizon 2020, dans la restauration collective publique.

Alors que le monde agricole traverse une crise sans précédent, cette loi privilégie justement :
✔ les circuits courts et de proximité et
✔ les produits bénéficiant d’un signe officiel de qualité et/ou d’origine telle que le label Agriculture biologique.

L’objectif est de garantir :
✔ une meilleure traçabilité des produits,
✔ une meilleure qualité nutritionnelle et gustative pour les usagers,
✔ le maintien d’activités agricoles durables et non délocalisables dans les territoires.

Avec ce seuil de 20 % d’aliments bio dans la restauration collective publique vous répondrez à une double attente :
✔ celle d’une majorité de Français-e-s, qui jour après jour, plébiscitent la bio (6 Français-e-s sur 10 consomment régulièrement du bio)
✔ celle d’agriculteurs à la recherche de filières avec des débouchés plus sûrs et plus rémunérateurs.

Les agriculteurs sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à franchir le pas de la conversion biologique puisque les surfaces agricoles engagées en agriculture bio ont bondi de 17% en un an pour atteindre 1,3 million d’hectares en 2015.

Désormais, les producteurs bio se sont organisés et ont investi dans des filières territorialisées, créant ainsi une vingtaine de plate-formes qui livrent la restauration collective. Contrairement aux idées reçues, elles sont en attente de commandes plus importantes et régulières !

Comptant sur votre écoute et votre engagement :
► je souhaite que vous votiez l’amendement rétablissant le seuil de 20 % de bio dans la restauration collective publique.
► j’aimerais connaître la position que vous adopterez à l’occasion du vote en séance qui aura lieu mercredi 9 mars prochain.

Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer l’expression de mes salutations les plus respectueuses.

Copyright © 2012 Marie-Noëlle Lienemann. Tous droits réservés.