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Loi travail : « Ça ne s’appelle pas du dialogue social mais du dialogue de sourds » – Public Sénat

MNL_Public_Senat_senat360_13-06-2016Public Sénat – Le 13.06.2016 à 19:08

Alors que l’examen de la loi travail a débuté au Sénat, la sénatrice PS de Paris, Marie-Noëlle Lienemann, fustige une loi qui «rompt avec une certaine tradition républicaine» et un «dialogue de sourds» entre gouvernement et syndicats.


Loi travail : « Ça ne s’appelle pas du dialogue… par publicsenat

Interrogée au micro de Public, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS frondeuse, fustige une  loi « totalement opposée à ce que nous avons toujours dit, défendu ». « La loi El Khomri non seulement elle n’est pas de gauche, mais elle rompt avec une certaine tradition républicaine qui vise à considérer que la loi est supérieure au contrat », martèle la sénatrice. Pour elle, « quand il y a contrat, il vaut mieux que le contrat soit au niveau des branches c’est-à-dire là où il peut y avoir un équilibre de l’intérêt général et pas au niveau de chaque entreprise – non pas que le dialogue social est illégitime en entreprise. On ne peut pas mettre les salariés sous la pression d’accepter des choses dérogatoires parce qu’il y a une conjoncture dans leur entreprise qui pourrait poser problème et amener qu’il y ait une forme de dumping social qui s’installe en France », détaille-t-elle.

Et celle qui a voté un amendement de suppression de l’article 2 explique son choix. « Le texte de la motion majoritaire du Parti socialiste refuse la remise en cause de la hiérarchie des normes. » Elle décrit une « grande fronde » à gauche face à ce texte. « On est sur un certain nombre d’amendements de remise en cause de l’article 2 ou 30. On est assez nombreux à être signataires et à contester cette loi, à essayer de la faire reculer au maximum et montrer surtout qu’elle n’apporte en rien une réponse à la compétitivité à l’emploi ».

Les sujets de discordes entre Marie-Noëlle Lienemann et l’exécutif sont nombreux. Parmi eux, le gouvernement fait preuve d’une grande hypocrisie dans sa volonté de dialogue social avec les organisations syndicales, estime-t-elle. « On ne peut pas parler de négociation sociale et refuser aux syndicats des négociations. Dire à monsieur Martinez et monsieur Mailly ‘d’accord pour discuter mais on ne remet rien en cause de notre point de vue’ qui est un point de vue minoritaire dans notre pays. Ça ne s’appelle pas du dialogue social mais du dialogue de sourds. »

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