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Baisse des APL : Un danger majeur pour les HLM et leurs locataires !

21740351_10155431609806049_3191600271023402210_nLe gouvernement entretient volontairement la confusion en camouflant la baisse des APL – celle déjà décidée, celles qui suivront – par un discours qui se veut rassurant sur la baisse des loyers…

Ne parlons pas de baisse de loyers : les locataires n’auront aucune baisse de ce qu’ils paient.

En réalité, il s’agit de racketter les organismes HLM pour le budget de l’État et ce avec un effet tous les ans !

Prélever 1 ou 2 milliards d’euros tous les ans aux organismes HLM et alléger de 3 milliards l’Impôt de Solidarité sur la Fortune, est-ce la justice sociale vue par Macron ?

Baisser les APL pour les seuls HLM – compensés par les bailleurs sociaux – et laisser les propriétaires privés avec des loyers élevés, leur permettre de les augmenter en bénéficiant du maintien des APL pour leur locataires, voilà qui est proprement inadmissible. Il y a quelques semaines, le gouvernement expliquait que ces aides avaient un effet inflationniste sur les loyers, donnait l’exemple de publicité des bailleurs privés qui déduisaient les APL du prix affiché… Aujourd’hui, il n’en parle plus. Il refuse de réguler les loyers privés et ponctionne les HLM ! Or, justement, ce ne sont pas les loyers du parc social qui ont cet effet de hausse puisqu’ils sont encadrés. La réalité est qu’on prend l’argent des organismes sociaux – et pour une très large part des locataires et des collectivités locales – pour boucler les fins de mois de l’État.

Cette mesure pénalisera de manière durable et grave les locataires et le parc social. Car les sommes ponctionnées étaient provisionnées pour construire, rénover, etc. Prendre 1 à 2 milliards d’euros chaque année empêchera les organismes HLM de construire des logements neufs – pas la peine de parler de choc de l’offre –, de poursuivre la rénovation urbaine – financement de l’ANRU – et d’assumer un haut niveau de réhabilitation thermique, non seulement indispensable pour tenir les engagements de la COP 21 mais aussi pour baisser la quittance des locataires. Car, ce sont les charges qui pèsent de plus en plus lourd dans les dépenses « logement » des Français. D’ailleurs, le mouvement HLM faisait de cette baisse effective de la quittance un point important de son projet Cap HLM pour les années à venir.

C’est donc bien les locataires HLM qui seront les victimes de ces baisses d’APL et qui seront ainsi privés de baisse de leur quittance…

Ajoutons que certains organismes – notamment ceux qui logent un grand nombre de foyers pauvres ou modestes – risquent d’être ainsi dans une situation financière intenable à très court terme et de voir leur pérennité et en tout cas leurs missions menacées.

On peut se demander, si au passage Bercy ne veut pas la mort des HLM, et en tout cas celle du modèle du logement social que les libéraux ont tous cherché à remettre en cause au profit du marché et d’opérateurs privés. Les pays qui, à l’instar de la Grande Bretagne, ont suivi cette voie, s’en mordent aujourd’hui les doigts. Ils on vu les prix du logement et la ségrégation sociale s’accroître !

Copyright © 2012 Marie-Noëlle Lienemann. Tous droits réservés.