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GROS DANGERS pour l’indemnisation des Chômeurs : ne laissons pas faire !

22547484_10155238973397739_1687114178_nPrès de la moitié des demandeurs d’emplois ne sont pas indemnisés. Là est le premier et plus gros problème de l’indemnisation du chômage. Car avoir du mal à vivre est un lourd handicap pour retrouver facilement un emploi et finalement cette faiblesse de rémunération se reporte en dépense de RSA…

Mais plutôt que de s’attaquer à cette priorité, Emmanuel Macron préfère ouvrir le droit à indemnisation aux salariés quittant volontairement leur emploi… On voit bien la pression que certains patrons vont exercer auprès de leurs salariés. Un tel départ leur coûtera moins cher qu’une rupture conventionnelle ! Surtout nul n’est capable d’estimer clairement la dépense supplémentaire alors que déjà l’UNEDIC est déficitaire.

Idem, beaucoup d’incertitudes pour les indépendants. Quel coût ? Comment vont-ils cotiser ? Au final, n’est-ce pas les salariés qui devront prendre en charge une partie de leur indemnisation et voir leurs garanties reculer ?

Ensuite, le plus grave à moyen et long terme, c’est la remise en cause du modèle de notre protection sociale issu du Conseil National de la Résistance. Est mis à mal le principe de la mutualisation des risques, financée par les salariés et les entreprises pour garantir des droits effectifs, durables, peu soumis aux aléas des conjonctures et donc plus pérennes.

En supprimant la cotisation des salariés au profit d’une hausse de la CSG, en supprimant la gestion paritaire, l’indemnisation du chômage n’est plus une garantie, un droit lié à une assurance collective gérée par les partenaires sociaux, mais elle devient une aide accordée aux chômeurs, pilotée en fait par Bercy, sous pression – très forte – des réductions budgétaires et avec une culture technocratique très éloignée du vécu des salariés et des chômeurs.

C’est le vieux rêve des Libéraux : supprimer tout ce qui peut apparaître comme du salaire différé pour le transformer en aide publique. Les mêmes iront ensuite dénoncer que ces aides sont trop coûteuses – critiquer en même temps l’artisanat – et réduire ensuite le niveau des indemnisations. C’est exactement ce qu’ils font aujourd’hui avec les APL.

Il y a là un danger majeur. Danger de jouer aussi à fond les tensions entre chômeurs, salariés, contribuables au lieu de fédérer les Français autour de droits garantis à tous, et partout, financés par une juste participation de chacun.

C’est réellement une mise en cause de notre modèle républicain, celui d’une République sociale.

Vieux rêve aussi de marginaliser les corps intermédiaires, en particulier les syndicats qui sont à leurs yeux des empêcheurs de « réformer » – en fait de déréguler. A leurs yeux, il faut certes formellement les consulter mais ne jamais leur confier le moindre réel pouvoir (fut-il dans le cadre des accords entre partenaires sociaux). Aux yeux de Macron et de LREM, la démocratie sociale ferait partie du vieux Monde. L’affaiblissement des syndicats est une très vieille rengaine relancée par Thatcher !

Les salariés ne seront jamais bien défendus si les organisations syndicales sont écartées des décisions.

Dernier point, reviennent les vieilles lunes de la dégressivité et du raccourcissement des indemnisations qui n’ont jamais fait reculer le chômage, au contraire… et semble écartée pourtant une piste de justice sociale : une taxation des contrats courts qui eux coûtent très cher à l’Unedic.

Copyright © 2012 Marie-Noëlle Lienemann. Tous droits réservés.