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Migrants : abrogation de la circulaire Collomb

Rien, jamais rien ne justifie que l’on ne respecte pas scrupuleusement les Droits de l’Homme et la dignité humaine.

25497944_10155681793171049_8667489418342045433_nEn visite à Marseille, vendredi, J’ai rencontré des associations qui défendent et accompagnent les réfugiés mais aussi les enfants mineurs isolés.

Il faut regarder en face les méthodes gravissimes utilisées par les services et qui se déroulent dans un non-respect de nos lois, des droits de l’homme et de la dignité humaine : elles déshonorent notre République. Cela se passe tous les jours chez nous et l’on ne veut pas le voir.

Le conseil d’Etat a, cet été, condamné les pouvoirs publics pour non-respect des droits de l’homme dans l’accueil des migrants dans le Calaisis, en sanctionnant l’absence de points d’eau ou de toilettes ce qui « révèle, de la part des autorités publiques, une carence de nature à exposer les personnes concernées à des traitements inhumains et dégradants » portant « une atteinte grave et manifeste à une liberté fondamentale ».

Depuis, des attitudes du même ordre se poursuivent, voire se multiplient. Le défenseur des droits ne cesse d’alerter sur ce qu’il faut bien appeler de véritables scandales.
Et ne soyons pas dupes de la communication gouvernementale qui met en exergue, hier, l’accueil de 25 réfugiés arrivés de Libye via le Niger avec un statut en règle, pour tenter de faire passer sous silence les mauvais traitements réservés à des milliers d’autres…

Rien, jamais rien, ne justifie que l’on ne respecte pas scrupuleusement les droits de l’homme et la dignité humaine. Aucune société ne sort grandie et renforcée de la remise en cause de ses principes. Et comment imaginer que notre République soit convaincante si elle bafoue ce qui fait son fondement ?

Bien sûr il ne s’agit pas de plaider pour je ne sais quel laxisme ou pour la non application de la loi. Bien sûr il ne s’agit pas de nier que certains demandeurs déboutés doivent être ramenés dans leur pays.

Encore Faut-il bien déterminer ceux qui doivent l’être et ceux qui ne le doivent pas qu’ils soient régularisables ou qu’ils soient des « dublinés ». Les « dublinés » sont des migrants arrivés dans un autre pays de l’UE, passés en France et qui sont théoriquement renvoyés dans le pays européen d’arrivée. Or chacun sait que ces pays – Italie, Grèce etc. sont débordés faute d’accord global sur les conditions d’accueil dans le territoire européen.

La fin ne justifie pas les moyens ! Et la mise en œuvre de la loi n’impose en rien de renier nos principes ni de recourir à des moyens condamnables et contraires à notre humanisme.
La récente circulaire signée par le ministre de l’intérieur est de ce point de vue intolérable car elle remet en cause les principes même de l’action humanitaire et de la gestion par les associations des centres d’hébergement d’urgence-à savoir l’accueil inconditionnel. Le ministre de l’intérieur lui -même parle de tri!

Cette circulaire instaure un recensement des étrangers dans ces centres par des agents publics avec les conséquences dramatiques de remise à la rue alors même que le président de la République avait annoncé que plus personne ne devait dormir dehors en fin d’année !

La bienveillance n’est que dans les paroles, mais la dureté, la violence, l’indignité sont dans les faits.
Nous ne l’acceptons pas. Exigeons l’abrogation de la circulaire scélérate de Gérard Collomb, supprimons le délit de solidarité et exigeons une attitude humaine des pouvoirs publics en direction de tous les migrants.

Copyright © 2012 Marie-Noëlle Lienemann. Tous droits réservés.