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Une réforme institutionnelle inacceptable : concentration des pouvoirs et éloignement des citoyens. Exigeons un référendum

communiqué de presse de Marie-Noëlle Lienemann – mercredi 4 avril 2018 – 18h50

Les propositions de modifications constitutionnelles et organiques annoncées par le gouvernement sont d’abord un renforcement de l’exécutif, un affaiblissement du Parlement et des corps intermédiaires. Elles consacrent les dérives autoritaires et technocratiques de la présidence Macron.

Ce n’est ni le nombre de parlementaires, ni la prétendue lenteur à légiférer qui posent problème aujourd’hui, mais bel et bien les limites au pouvoir du parlement pour faire prévaloir ses choix et la voix de celles et ceux que les parlementaires représentent. Comment ne pas voir que les positions du gouvernement, notamment la réduction du nombre d’élus – qui les éloigneraient ainsi de leurs mandants –, vont dans le sens d’un antiparlementarisme qui vient, hélas, en écho aux crises économiques et sociales et qui prépare souvent des heures bien noires.

Au delà, cette « réforme » ne répond en rien à la grave crise de confiance qui ronge notre démocratie mais risque au contraire de l’accroître.

Ces mesures passent à côté d’un enjeu pourtant essentiel, à savoir une capacité renforcée des citoyens à intervenir sur les choix majeurs du pays et dans notre vie démocratique (par exemple rien n’est prévu pour rendre effectif le recours au référendum d’initiative populaire).

C’est une nouvelle consolidation de la logique de concentration des pouvoirs et de l’hyper presidentialisation de la Vème République qui est proposée alors même qu’il faudrait au contraire donner davantage de pouvoir au Peuple et à ses représentants.

Le Parlement ne saurait avaliser cette redoutable évolution de nos institutions.

La redynamisation de notre démocratie mérite un débat public large et au final la consultation du peuple. Exigeons un référendum sur ces enjeux.

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