Actualités, Economie, Industrie, Parlement

Projet de loi PACTE : Privatisation d’ENGIE et de GrT Gaz – mercredi 6 février 2019

Hier après-midi, nous débattions au Sénat de la suite du projet de loi PACTE. L’article 52 prévoyait la cession totale des parts de l’Etat dans ENGIE (ex- GDF Suez) et par voie de conséquence la privatisation de fait de GrT Gaz. Ce sont des décisions graves qui mettent en cause l’indépendance énergétique de la France et la capacité de l’Etat à impulser la transition écologique. Nous n’avons malheureusement pas pu l’empêcher.

Vous retrouverez ci-dessous le texte et les vidéos de mes interventions.

« M. Gay l’a dit, M. Sarkozy avait promis, juré, craché, que le secteur du gaz était trop stratégique pour être cédé. Est-il devenu moins stratégique 14 ans après ? Non, au contraire ; il jouera un rôle déterminant dans la transition énergétique.

La préparation de la privatisation a déstabilisé l’entreprise : des activités ont été délocalisées, les dividendes ont augmenté alors que les dépenses de gaz des Français augmentaient. La libre concurrence, dans ce secteur, n’est pas la bonne stratégie.

Ensuite, il faut des investissements à long terme, qui nécessitent l’intervention de l’État. Monsieur le ministre, vous avez parlé hier d’alliance contre nature entre nos bancs. C’est mal nous connaître ! Nous avons toujours des divergences qui nourrissent le débat démocratique. Reste que le tout-libéral, le tout-privé ne convainc plus personne. Il est temps que l’État reprenne la main sur certains sujets !

[…] le champ d’intervention de ce genre d’action spécifique est limité. Et le choix des pays à qui vous achetez n’est pas neutre : en Russie ou en Algérie, le gaz est une ressource stratégique, qui peut cesser d’être exporté du jour au lendemain pour des questions politiques. Notre indépendance énergétique est loin d’être assurée.

En privatisant Engie et les GRTgaz, on fait coup double. M. Karoutchi nous parle de l’étranger mais les réseaux de transport, c’est en France, GRTgaz, c’est en France ! »


Copyright © 2012 Marie-Noëlle Lienemann. Tous droits réservés.