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Macron, champion des inégalités !

Régulièrement, Emmanuel Macron fait mine de regretter que, dans notre pays, les jeunes ne bénéficient pas d’une réelle « égalité des chances ». Parler de la seule « égalité des chances » est un choix libéral bien connu pour éluder la vraie question de l’égalité dans toutes ses dimensions, dont la recherche fonde la promesse et l’idéal républicain. La pensée macroniste s’inscrit totalement dans une logique du type « rêve américain ». Il suffirait de mettre chacun sur la même ligne de départ et ensuite que les meilleurs gagnent.

Vaste foutaise, car cela consiste à nier bon nombre d’obstacles culturels, sociaux et bien d’autres encore, qui s’accumulent pour le plus grand nombre de celles et ceux qui sont issus de milieux modestes et pauvres, ne permettant en conséquence qu’à une infime minorité de bénéficier d’une promotion sociale significative.

Même en retenant cette notion, au demeurant contestable, il n’y a pas d’« égalités des chances » quand les inégalités s’accroissent dans la société en général ; or c’est bien ce qui se passe avec la politique de Macron.

Le récent rapport publié par l’INSEE le 9 septembre 2020 sur les revenus et patrimoines des ménages en 2018 (https://www.insee.fr/fr/statistiques/4659174) est sans appel : « En 2018, les inégalités de niveau de vie augmentent ».

Le pays a ainsi subi une augmentation de 400.000 personnes vivant sous le seuil e pauvreté depuis 2017 : « Le taux de pauvreté (part de personnes pauvres par rapport à la population) s’établit à 14,8 % en 2018. Il s’accroît de 0,7 point sur un an. ». En 2018, les 30% des Français les moins riches ont ainsi vu leur niveau de vie diminuer. Cette augmentation du nombre de familles pauvres est directement la conséquence des choix politiques d’Emmanuel Macron : baisse des aides pour le logement, gel des pensions et des retraites et hausse de la CSG.

En même temps, les revenus des ménages les plus aisés ont fortement augmenté. Ils ont bénéficié de « la progression des revenus du patrimoine, liée à la forte hausse des dividendes et d’une hausse des revenus d’activité ». Les cadeaux fiscaux (ISF, flat tax) ont permis au 5% des Français les plus riches de bénéficier d’une augmentation de leur niveau de vie annuel de plus de 1.000 euros. Avec un hausse vertigineuse pour les 340.000 ménages les plus gagnants avec 9.770 euros.

Cette politique, déjà fortement inégalitaire au profit des plus riches et au détriment des plus pauvres, est accentuée par les attaques contre notre protection sociale (diminution des ressources par élargissement des exonération de cotisations patronales par ex.). Comment s’étonner, alors, que notre République peine à convaincre une partie de la population et de la jeunesse ? Surtout quand on observe que le taux de pauvreté des enfants de moins de 18 ans augmente de 0,9 point pour atteindre 21,0 % en 2018. Plus d’un enfant sur 5 ! Terrible pour eux et pour notre avenir…

Copyright © 2012 Marie-Noëlle Lienemann. Tous droits réservés.