Il y a 20 ans: la chute du mur! Aujourd'hui il faut faire tomber de nouveaux murs et organiser de nouvelles dissidences!

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      Chute mur 1989      Fete ceremonie berlin 2009

J’étais heureuse, il y a 20 ans. Je n’ai jamais supporté aucun totalitarisme et pour moi la liberté est une valeur supérieure. J’avais beaucoup d’espoir. Je pensais que, débarrassé du poids et du discrédit  du système soviétique, le socialisme trouverait une  nouvelle jeunesse et pourrait devenir à nouveau une espérance fédératrice pour les peuples du Monde.  Je n’ai jamais considéré que l’Union soviétique puisse être un modèle, c’était un contre-modèle. Les socialistes français ont toujours fait de la question démocratique, du respect des libertés individuelles et collectives comme des droits de l’homme  un préalable. Héritiers de Jaurès, de Blum, ils ne pouvaient cautionner un système fondé sur la  négation de ces fondamentaux. Je savais que depuis le congrès de Tours, cet enjeu majeur faisait clivage, débat au sein de la gauche française et que nous n’avions aucune connivence avec le communisme soviétique. Nous ne pouvions donc que nous réjouir de la fin d’un monde oppressant et qui de surcroit, n’assurait  ni bien être, ni l’égalité aux citoyens. J’ai toujours imaginé que l’unité des peuples, la coexistence pacifique, la volonté de construire ensemble l’avenir constituait toujours un grand progrès pour l’humanité ! Je savais aussi que rien n’est jamais acquis et seule l’action politique, la capacité des citoyens à s’engager pour construire un monde meilleur permet  de le concrétiser vraiment et durablement ! Alors, ce jour là, oui j’espérais.
J’espérais que la gauche européenne  serait confiante en elle-même exigeante pour que cette nouvelle ère ne ramène pas les vieux du démon du passé. Et pour cela, il fallait inventer un nouveau modèle économique et social ! Le Nazisme avait pu d’autant plus s’imposer que  la crise, du chômage et de la misère égaraient les peuples! Les totalitarismes ne surgissent pas sans terreau fertile !

Je ne pouvais alors concevoir que la gauche européenne et mondiale serait comme paralysée par cette chute et laisserait le champ libre à la pensée dominante de l’époque : le capitalisme devenait incontournable, la généralisation du marché devenait le nouvel horizon de la liberté.

Je n’imaginais à quel point la pression  d’un contre modèle qui menaçait ce capitalisme et la domination américaine, avait pesé en appui aux mobilisations du monde du travail, et permis l’amélioration de nos droits sociaux, de ce qui est incorrectement appelé l’état providence ! Loin de moi l’idée d’entretenir je ne sais quelle nostalgie ou un regret de la disparition de l’Union Soviétique. Simplement maintenant nous savons qu’il est indispensable d’inventer une nouvelle façon de faire prévaloir l’intérêt des plus faibles, de ceux qui ne possèdent que leur force de travail, leur talent, leur créativité pour vivre. Nous savons depuis que le simple aménagement «  social », à la marge du capitalisme financier contemporain est vain, car le système est fondamentalement inégalitaire et destructeur. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir un contre-modèle, clef en main, préétabli pour engager une alternative réelle, inverser la logique et ouvrir de nouveaux champs du possible, des perspectives réelles de changements  assis sur les valeurs socialistes, humanistes et républicaines.  Alors disons le tout net, la chute de l’empire soviétique ne fut pas et ne sera pas celle du socialisme.

Faut-il encore ne pas craindre de  faire tomber de nouveaux murs, visibles et invisibles, et même d’entrer parfois en dissidence face à l’idéologie dominante.
Bien avant tout cela, Blum et le front populaire parlaient du Mur de l’argent. Celui là est plus solide que jamais !
Murs, il y a bien sûr, tous ces murs, bien concrets qui divisent les pays et les territoires, en Europe à Chypre, entre Israël et les territoires palestiniens. Mais aussi ces murs infranchissables pour tous ces immigrés qui fuient la misère, la guerre et espère venir vivre dans nos pays riches… entre le Mexique et les USA, entre l’Afrique et l’Europe. Il y a ces murs «  psychologiques » qui un peu partout sur la planète ghettoïsent  les quartiers pauvres alors que les riches se « protègent » dans des quartiers bien à eux. Toute ségrégation est un mur terrible !
L’exemple de Berlin montre que des murs qu’on croyait solidement établis peuvent s’écrouler … Faisons tomber les murs d’aujourd’hui !

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