LE PACTE DE COMPETITIVITE de MERCKEL SARKOZY: C’est NON TROIS FOIS NON !

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Une tribune signée MN  Lienemann est publiée ce jour dans marianne2.fr

Pacte de compétitivité: « une menace sur le modèle social »

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LE PACTE DE COMPETITIVITE C’est NON TROIS FOIS  NON !
Les propositions d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, appelées « pacte de compétitivité » sont inacceptables  et constituent  une menace considérable sur notre modèle social et démocratique.
NON, nous n’accepterons pas que l’interdiction de déficits soient inscrits dans la constitution : seul le peuple souverain, son parlement peuvent décider selon les circonstances économiques des choix budgétaires adaptés aux situations. Parfois il faut investir et dépenser pour en  recueillir ultérieurement les fruits, même en termes d’équilibre budgétaire. Inscrire dans la constitution un cadre contraignant est la négation de la démocratie et l’asservissement à un dogme.
NON nous n’acceptons pas l’abandon de l’indexation des salaires sur l’inflation. Déjà les salaires ont connu une quasi stagnation pour une grande masse des salariés et même – en particulier en Allemagne, mais aussi en France- pour certains un recul. Il faut au contraire engager une politique de revalorisation salariale. La non indexation des salaires  est, plus encore aujourd’hui qu’hier, un enjeu considérable puisque tous les experts annoncent une remontée de l’inflation. Le décrochage risque de provoquer un cataclysme et un appauvrissement généralisé de la population.
Non, nous n’acceptons pas l’allongement de l’âge de la retraite et son évolution systématique en fonction du vieillissement. Inutile de rappeler le mouvement et la mobilisation des français qui veulent défendre le droit à la retraite à 60ans, que nous voulons restaurer.  Déjà le passage à 62 ans est inacceptable mais là c’est 67 ans qui est prôné, au nom de l’alignement au modèle «  vertueux »  de l’Allemagne, qui de surcroit à une démographie en déclin !  La conséquence de ce genre de décisions est l’apparition massive de retraités pauvres et des masses de salariés fatigués usés.
Cette obsession d’une large partie de la droite française vantant les comportements « disciplinés et vertueux » de  l’Allemagne est, hélas, un classique du genre pour «  freiner » les ardeurs progressistes des français. Elle revient de façon récurrente  à chaque crise. On aurait pu penser que l’histoire servirait de leçon pour convaincre qu’une Europe forte a besoin d’une  France confiante en elle et en ses valeurs, que rien ne justifie l’abandon du progrès social.

C’est donc trois fois NON !
De nombreux pays semblent aujourd’hui s’y opposer et  la Confédération Européenne des syndicats a fait connaitre son opposition à ce pacte. Mais, il faut aujourd’hui prendre tous les peuples d’Europe à témoin.



Nous ne concevons pas un «  gouvernement économique » ni  comme prétexte à l’abandon de toutes les grandes avancées sociales du siècle précédent, ni comme dessaisissement démocratique des citoyens et des peuples !
La compétitivité « promise » n’est fondée que sur une restriction budgétaire permanente et sur des reculs sociaux majeurs et durables. C’est tout l’inverse de ce qu’il convient de faire pour asseoir la relance de la croissance , à savoir le soutien au pouvoir d’achat des couches populaires, l’innovation et les investissements d’avenir et l’instauration d’un juste échange favorisant un progrès continu pour les salariés de nos pays et du monde. Faut il rappeler que plus de 70% de nos échanges s’effectuent à l’intérieur de L’Union et que la relance de la consommation intérieure aura un réel impact sur la croissance , surtout s’il s’agit de remonter le niveau de vie des pays et régions les plus pauvres qui offriront de réels débouchés aux production de l’UE. Ces mesures devront aussi éviter les délocalisations fondées sur le dumping et assurer une meilleure solidarité entre européens. Aujourd’hui c’est tout le contraire qu’on observe à mettre les peuples en permanence en concurrence, c’est la méfiance et le rejet de l’autre qui triomphent.
Le pacte de stabilité monétaire  avait déjà  été présenté comme indispensable pour assurer la cohésion de la zone Euro, permettre la création de million d’emploi et une économie performante. Il s’est avéré brider les investissements et les salaires, maintenir un chômage de masse, accroitre les inégalités au sein de la Zone euro tant entre pays  qu’entre citoyens, freiner la croissance de notre continent. Ce pacte de stabilité a ouvert une des périodes les plus néfastes pour l’économie européenne. Les grands bénéficiaires ont été les puissances dominantes et le capitalisme  financier.
Ces choix nous ont conduits dans le mur, la crise financière a montré le scandale et les dangers de ce système. Les Etats et les peuples ont du payer – et payent encore- un lourd tribu à cette crise, il est hors de question qu’ils doivent continuer à faire les frais de cette situation, et moins encore d’inscrire dans la durée des reculs inacceptables qui ne profiteront qu’aux détenteurs du capital et autres investisseurs financiers. On nous avait dit «  rien ne sera plus comme avant » et aujourd’hui c’est «  tout doit continuer, en pire ! »
Ce pacte de compétitivité n’est donc pas négociable. C’est une toute autre logique que nous devons défendre  et qui est fondée sur certains préalables : une clause systématique de non recul et de la nation la plus favorisée, l’instauration  des convergences sociales et harmonisations fiscales vers le haut, un budget européen soutenant des filières industrielles, des investissements d’avenir, une solidarité entre régions riches et pauvres de l’UE, un pacte de relance de la croissance fondé sur la relance de la consommation intérieure en Europe et des protections ciblées pour contrecarrer les délocalisations et le dumping social et environnemental.
La gauche française doit immédiatement se mobiliser et s’unir
-pour refuser tout compromis sur les bases de ce pacte de compétitivité,
-pour organiser au niveau européen une riposte massive et  mobiliser l’opinion afin de faire échec à ce projet ;
-  pour empêcher l’inscription dans la constitution de la limitation des déficits, pour faire une manifestation de force,  en commun forces politiques syndicales et citoyennes contre les décisions qui se préparent au sommet européen de mars.
– pour exiger en cas de signature de ce pacte  par Nicolas Sarkozy  un référendum de ratification.
Les français savent pertinemment pourquoi ils ont voté NON au projet de constitution européenne. Ils refusaient l’Europe libérale et l’abandon de la souveraineté populaire. Les faits et la crise leur ont donné raison. Cette fois encore, ils ne se résigneront pas. Et même certains, qui espéraient en rejoignant le oui, l’ouverture d’une nouvelle étape,  voient bien, aujourd’hui, le danger, pour chacun comme pour l’Europe, de poursuivre dans cette voie destructrice.

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