Automobile

Quel avenir pour l’emploi du groupe Renault en France et en particulier sur le site de Lardy en Essonne

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Mme Marie-Noëlle Lienemann attire l’attention de M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique sur l’avenir de l’emploi du groupe Renault en France et en particulier sur le site de Lardy en Essonne.

Historiquement le site de Lardy réunit les activités d’essai auxquelles se sont ajoutés l’essentiel de la Recherche et Développement et la mise au point des systèmes permettant de respecter les normes de pollution et de la baisse des émissions de CO2.
Ce site, hélas, connait depuis des années, d’importantes perte d’emplois, non seulement dans l’entreprise elle-même, mais aussi chez les nombreux sous-traitants et prestataires. En 3 ans, il a perdu près de 1000 emplois.
Or la direction de Renault a annoncé en décembre 2021 une délocalisation d’activités aujourd’hui centrale à Lardy, en particulier les activités liées aux moteurs thermiques et hybrides. Cette délocalisation frappe bien l’ensemble de l’emploi en France, puisqu’elle devrait avoir lieu en Roumanie et en Espagne d’ici 2025. Le départ dans deux pays de l’UE montre clairement que cette décision n’est pas consécutive aux choix européens d’abandon de cette production. Rien ne le justifie.

Renault ne conserverait en France que des activités liées aux nouveaux moteurs électriques. Et encore certaines technologies prometteuses comme celle des moteurs à combustion interne Hydrogène sont prévues en Espagne.
En tout cas, six mois après ces annonces, aucun plan global de reconversion n’est à ce jour présenté, et aucune arrivée de nouvelles activités n’est programmée. C’est inacceptable et fait craindre aux salariés et organisations syndicales la disparition rampante du site de Lardy. D’autant que la chute des investissements y est alarmante (les investissements récents sont divisés par 2 par rapport à ceux de la période 2011-2018). S’y ajoute la diminution du budget global de la R&D de 30% chez Renault !

L’argument du passage à l’électrique qui détruirait de l’emploi n’est pas recevable car la mutation ne concerne pas le seul moteur mais bien toute « une chaine de traction » électrique. C’est d’ailleurs ce qui fonde les propositions d’un collectif de salariés pour le Maintien des Emplois Renault-Lardy, soutenu par des organisations syndicales et qui s’est constitué début 2022 pour redonner une nouvelle dynamique au site de Lardy avec des activités globales sur l’ensemble de la chaine électrique :

  • Travail sur les bornes de recharge individuelle (Wall Box) ;
  • Travail sur la chimie des batteries ;
  • Travail sur l’électronique de puissance ;
  • Travail sur les moteurs électriques avec de nouvelles technologies (moteurs à flux axial, etc.).

Et au-delà de cette filière électrique, des recherches sur l’hydrogène (Pile à combustible et moteur à combustion interne Hydrogène), les carburants synthétiques, les véhicules connectés, le Big Data.
Pourtant certains projets font l’objet de financements publics par exemple dans le cadre du plan de relance, comme le projet de moteur à combustion interne mais dont la direction de Renault prévoit le développement en Espagne ! Le gouvernement ne devrait pas accepter cette situation. Par ailleurs certaines activités sont externalisées à très grand frais alors qu’elles pourraient être réalisées en interne à Lardy.

Aussi Madame Lienemann demande à M. le Ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, quelles démarches le gouvernement compte engager pour que le groupe Renault développe l’emploi en France, y installe des activités de recherche, de technologies innovantes, et d’essais et propose un plan global de reconversion du site de Lardy , de ses salariés pour y retrouver un haut niveau d’emploi et d’activités.

LES DERNIERS ARTICLES