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Disparition d’emplois, de sites et de capacités de production et de recherche du groupe SANOFI en France – Question écrite du lundi 17 décembre 2018

Marie-Noëlle Lienemann attire l’attention de Monsieur le Ministre de l’économie et des finances sur la disparition d’emplois, des sites et des capacités de production et de recherche du groupe SANOFI en France.

En effet, cette entreprise qui bénéficie de nombreuses aides publiques réduit joue un rôle important dans l’industrie pharmaceutique, secteur stratégique pour notre pays, d’autant que la pénurie récurrente de médicaments devrait au contraire pousser au renforcement et développement de productions sur le territoire national.

L’entreprise vient d’annoncer une réduction immédiate d’effectifs de 80 salariés dès 2019 avec, d’ici 2020 un impact de l’ordre de 800 à 1000 personnes, dans la fonction support de l’entreprise.

Le mécanisme utilisé est hélas assez classique, puisque Sanofi va céder ces activités à une société américaine, Cognizant, entreprise spécialisée dans la transformation et de la mise à disposition de manager de transition. Cette société est en charge de mettre en place les outils informatiques et de digitaliser les processus industriel de fabrication. Elle est le catalyseur des transferts d’activités sur des sous-traitants ou des pays à bas coûts. Aujourd’hui les service paie, formation, et comptabilité ont été transférés en Roumanie, Pologne.

Ce sont de nouvelles délocalisations qui se préparent.

Or SANOFI est récidiviste en matière de transferts à l’étranger des activités qu’elle vend à des entreprises étrangères qui ferment ensuite les sites en France, ou en délocalisations directement dans des pays à bas coûts, en particulier pour la production des médicaments de santé publique. C’est aussi avec la même stratégie que cette entreprise a sous-traité à des entreprises étrangères et délocalisé ses activités de recherche.

Au delà des réduction des fonctions supports, bon nombre de sites industriels français peuvent être menacés car SANOFI n’y investit que pour la maintenance et non pour le développement industriel. C’est le cas des sites de Compiègne, Amilly, Lisieux, Elbeuf, Vertolaye, Tours et maintenant Mourenx (environ 2000 personnes), où Sanofi investit dans la maintenance mais pas pour le développement de l’outil industriel.

En revanche, elle investit très fortement en Algérie, aux USA, en Chine pour la construction d’usines à la pointe de la technologie. Ces usines seront capables d’absorber les activités vaccins et injectables dès 2020. Ces activités assurent aujourd’hui le chiffre d’affaire sur le territoire français, demain cela se fera de l’étranger.

Il faut s’attendre à des phénomènes de pénuries de médicaments de plus en plus fréquents car les circuits d’approvisionnements s’allongent et les priorités de chiffres d’affaire sur le court terme sont devenues la règle. Les investissements industriels doivent avoir un retour sur investissement en moins de 3 ans aujourd’hui contre 8 ans avant 2008.

Il est urgent que le gouvernement définisse rapidement une stratégie concrète avec la filière pharmaceutique pour éviter ces suppressions d’emplois à court terme mais aussi pour veiller au renforcement de la production, de la recherches et des emplois en France.

Madame Lienemann demande donc au ministre de l’économie et des finances quelles sont les intention du gouvernement pour y parvenir.

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