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La France doit mieux prendre soin de ses enfants

Un mois de novembre qui doit nous alerter sur la façon dont notre pays traite ses enfants et sa jeunesse.

Il y a une quinzaine de jours, un étudiant s’est immolé à Lyon, car il ne supportait plus une précarité qui ne lui permet ni de vivre dignement, ni de poursuivre des études correctes.

La semaine dernière, le défenseur des droits présentait son rapport annuel mettant l’accent sur les violences subies par les enfants. Insupportables. Avec de lourdes conséquences pour leur avenir mais aussi pour le nôtre et toute la société. Car on connaît désormais les risques de voir ces enfants qui ont souffert reproduire de ces comportements. Ces violences ont lieu dans la famille – parfois adossées aux violences conjugales subies par leur mère – mais aussi au sein des institutions comme l’école et l’aide sociale à l’enfance (ASE). Et là, cela ne peut plus durer. Il est grand temps que des solutions rapides soient apportées. Nous ne devons pas rester indifférents qu’il s’agisse des situations que l’on peut percevoir – même parfois en signaux faibles – autour de nous ou des actions menées par les pouvoir publics. Il faut des moyens nouveaux pour la protection de l’enfance, il faut interroger les départements sur leurs stratégies, les moyens consacrés, les résultats obtenus. Il faut que la parole des enfants soit écoutée, entendue, prise en compte. Vite il faut un plan gouvernemental en lien avec les départements pour donner à l’ASE les moyens nécessaires et sortir de ce scandale.

Déjà au printemps, l’UNICEF et ne nombreuses associations mettaient en évidence un nombre terrible d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté : 3 millions ! Et même, selon l’Insee, 14% des jeunes de plus de 16 ans subissent de réels privations matérielles représentent Et d’ici 2022, le taux de privation matérielle des enfants. La crise sociale, la précarité, des politiques publiques insuffisantes en direction de l’enfance et la jeunesse mettent à mal notre contrat social, l’unité et l’avenir du pays et génèrent des tensions, des violences de plus en plus généralisées. Notre République ne peut s’accommoder de la situation actuelle.

La question des jeunes et des jeunes majeurs est particulièrement importante. On estime qu’un tiers des SDF sont des jeunes sortis de l’ASE et 20% des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Tous ces chiffres ne disent rien des misères humaines qui sont générés par des politiques libérales mais ils montrent l’ampleur des problèmes qui ne cessent de croître. Les dernières statistiques montrent une hausse de la pauvreté et des inégalités. Alors oui il est impératif de rompre avec ces logiques et d’engager une véritable redistribution des richesses.

Dans l’immédiat, une des avancées majeures à concrétiser est la mise en place d’une allocation autonomie pour les jeunes en formation à la sortie du baccalauréat, pour les étudiants mais aussi ceux qui sont engagés dans des parcours de réinsertion, de qualification. C’est aussi indispensable pour assurer une véritable égalité des chances. Car les jeunes de milieux modestes ou qui vivent à la campagne sont aujourd’hui très pénalisés pour réussir leurs études et une formation.

Alors ouvrons les yeux : la France ne prend pas assez soin de ses enfants et de sa jeunesse. En tout cas, pas de tous ces enfants et de toute sa jeunesse.

Copyright © 2012 Marie-Noëlle Lienemann. Tous droits réservés.