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Photonis doit rester une entreprise française – question écrite au gouvernement (22 juillet 2020)

Mme Marie-Noëlle Lienemann attire l’attention de M. le Premier ministre sur la menace de vente à une entreprise américaine de Photonis.
Cette entreprise – dont le siège social est à Mérignac et dont le site le plus important est à Brives – travaille pour le nucléaire, le spatial, la science, le médical mais aussi, et surtout, la défense. Elle en est le leader mondial dans la technologie de vision nocturne. Certains éléments composent les équipements des forces spéciales des plus grands pays du monde. Ces composants permettent par exemple de voir en couleurs dans une obscurité quasi totale. 6% de son chiffre d’affaires, établi à 150 millions d’euros, concerne l’armée française.

Son propriétaire, le fonds d’investissement français Ardian, veut céder la pépite française à Teledyne, entreprise industrielle américaine spécialisée dans l’imagerie. Moyennant plus de 550 millions de dollars selon plusieurs médias spécialisés.

Pour l’instant, le gouvernement s’est modestement contenté d’appeler à une prise de participation de Thalès et de Safran dans le capital de Photonis pour y maintenir une présence tricolore. Peine perdue car ces entreprises qui figurent parmi les principaux clients de Photonis ont refusé. Sauf surprise, les seuls protagonistes en liste pour racheter ce fleuron seront américains.
Il n’est pas possible qu’une entreprise et des savoirs faire aussi stratégiques passent sous pavillon américain. Certains expliquent qu’il suffirait de quelques gardes fous en instaurant un dispositif qui permettrait à Teledyne d’être propriétaire… tout en devant obtenir l’accord d’un ‘comité de sécurité’ pour accéder à des informations confidentielles, que ce soit sur la recherche et le développement, ou l’innovation, avec un éventuel droit d’opposition français.
C’est un pis aller qui n’offre aucune garantie.
Le gouvernement s’honorerait enfin en bloquant cette vente grâce au décret dit « Montebourg » qu’il vient d’élargir. Les dispositions juridiques existent, il est encore temps de les appliquer.

Madame Lienemann demande donc au Premier ministre de lui indiquer précisément quelle est la stratégie du gouvernement sur le sujet. Elle lui demande s’il envisage enfin d’appliquer à ce dossier le « décret Montebourg ».
Elle demande enfin au Premier de lui indiquer si le gouvernement envisage une éventuelle nationalisation en faisant par exemple intervenir plusieurs acteurs publics dont la banque publique d’investissements, alors qu’il s’agit ici d’une priorité de sécurité et de souveraineté nationales.

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