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« Allons Plus Loin » sur Public Sénat – mardi 8 septembre 2020

J’étais invitée de l’émission « Allons plus loin » sur Public Sénat, le mardi 8 septembre 2020 à 18h00. Au sommaire de l’émission :

  1. la « fraude sociale » et la restitution de l’enquête réalisée par la Cour des Comptes à la demande du Sénat ;
  2. la commission d’enquête sénatoriale sur le coronavirus et la crise sanitaire ;
  3. la réorganisation des fédérations de sports ;
  4. le livre de Lionel Jospin, Un temps retrouvé ;
  5. ma « carte blanche » concernait le chômage des jeunes.

La fraude sociale

Le non versement des cotisations est très nettement supérieur à la fraude aux prestations. Cependant aucune République ne peut accepter que certains ne respectent pas les règles alors que d’autres éprouvent des difficultés. Le débat est comment être plus efficace. Si la dématérialisation peut être une piste de solution, il faut faire attention à ce qu’elle ne soit pas un frein pour ceux qui n’ont pas accès à Internet (pour des raisons financières, techniques ou d’usage). Il faut aussi bien cibler les actions. Par exemple la facturation par les établissements eux-mêmes, peut-être problématique que ce soit par suite d’erreurs ou par suite d’actes délibérés.

La commission d’enquête sénatoriale sur le coronavirus et la crise sanitaire

Cette crise sanitaire inédite a révélé des dysfonctionnements structurels ou de circonstances. Le débat sur la « démocratie sanitaire », à ce titre, est très important. Pour les grands enjeux de société, en période de crise et hors période de crise, nous devons avoir un système de santé qui associe mieux et davantage les différents partenaires (malades, représentants des malades, soignants, etc.). L’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) rendu plus difficile pendant le confinement, malgré la légèreté du ministre au début sur le sujet, a posé de réels problèmes. C’est un exemple de relégation à la périphérie de sujets qui cependant doivent être traités quand même.

La réorganisation des fédérations sportives

Une nation sportive ne se mesure pas seulement fonction du nombre de ses médailles aux JO, dans les compétitions ou dans les championnats. Cela se mesure aussi en fonction du travail effectué en direction de la jeunesse. Le sport a une fonction éducative. Il révèle des talents. L’égalité femme-homme n’est là aussi pas encore suffisamment valorisée. Le sport est un des piliers de l’éducation populaire et de la cohésion nationale. C’est aussi un lieu d’apprentissage du civisme. Il y a également de plus en plus de préconisations de faire du sport pour les aînés. Les équipements publics sportifs sont aussi des lieux qui pourraient faire l’objet d’une rénovation thermique rapidement et aussi de permettre une transition écologique par exemple par l’installation de panneaux solaires sur leur toit.

Le livre de Lionel Jospin, Un temps retrouvé

Le regard de Lionel Jospin sur François Hollande est forcément sévère car François Hollande détenait la totalité du pouvoir sous la Ve République, alors que Lionel Jospin avait été, lui, un premier ministre de cohabitation. J’ai été très critique des privatisations du gouvernement Jospin mais n’oublions pas qu’il s’agissait d’un gouvernement de cohabitation. Il y a toujours eu un grand respect entre Lionel Jospin et Jean-Luc Mélenchon. Chez Lionel Jospin, il y a toujours eu le goût du débat et il décidait en fonction d’analyses. On pouvait ne pas partager ses analyses, mais il y avait toujours un débat argumenté. Il considère aussi que Jean-Luc Mélenchon a une dimension d’homme d’État. Lionel Jospin et Jean-Luc Mélenchon ne se ressemblent pas dans leur tempérament. Il y a aussi des désaccords plus structurels entre les deux hommes sur, par exemple, sur le rôle des partis. Je trouve que chacun, sur ce sujet a un peu raison. On ne peut pas enterrer les partis car ce sont des intellectuels collectifs, des militants qui se mettent en mouvement, des citoyens qui convergent. Mais la crise politique est telle qu’on ne peut pas faire des partis politiques comme avant. La forme « gazeuse » adoptée par la France insoumise, essayant d’être au contact de manière moins organique avec les mouvements sociaux, peut être en partie nécessaire.

Je trouve que le livre de Lionel Jospin est à la fois austère et utile. On a besoin de gens qui analysent des choses. En revanche, je pense que Lionel Jospin a tort dans la critique de Jean-Luc Mélenchon sur la question institutionnelle. Lionel Jospin se dérobe sur le quinquennat et l’inversion du calendrier qui ont eu un impact majeur en renforçant le président de la République et en liant davantage le parlement à l’exécutif. La proposition de constituante faite par Jean-Luc Mélenchon est donc en cela très utile.

En 2022, plusieurs personnes peuvent jouer un rôle important. Jean-Luc Mélenchon peut prendre plus de force pour rassembler. Arnaud Montebourg pourrait aussi aider au rassemblement. J’appelle au rassemblement de ces énergies : il faut construire une majorité sur un programme. Une seule personne ne suffit pas.

Ma carte blanche : Coup de gueule sur le chômage des jeunes !

Le chômage des jeunes avant la crise sanitaire était déjà très haut. Il augmente de manière dramatique.  Or le dispositif du plan de relance n’est vraiment pas la hauteur. On ne peut pas attendre ! Les plus démunis sont dans une pauvreté absolue. Je plaide pour ouvrir le RSA aux jeunes de 18 à 25 ans, pour la mise en place d’une allocation d’autonomie notamment pour les étudiants. En matière d’apprentissage, de nombreux jeunes ne trouvent pas de stage et ne pourrai donc pas s’inscrire en apprentissage. Au contraire il faut les inscrire en apprentissage quand même ! Je crois aussi nécessaire d’avoir des « emplois jeunes » nouvelle génération.

Copyright © 2012 Marie-Noëlle Lienemann. Tous droits réservés.