Manifeste de Maintenant la Gauche pour l’alternative à gauche, ici et maintenant

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logo_MLG_2Lors des universités de rentrée de notre courant, qui se sont déroulés à Bierville dans l’Essonne, les 3-4-5 octobre derniers, Maintenant la Gauche a préparé et collectivement travaillé à la rédaction d’un Manifeste pour l’alternative à gauche ici et maintenant. Les militants socialistes de la motion 3 sont en train de l’amender et de le compléter, mais une synthèse des principales propositions est d’ores-et-déjà disponible.

Vous la trouverez ci-dessous :

Une alternative de gauche est possible_synthese.pdf

Une alternative de gauche est possible

La France subit une crise économique, sociale et politique majeure. Pour en sortir, une alternative de gauche à la politique gouvernementale est possible, en s’appuyant sur les engagements pris lors de l’élection présidentielle et des élections législatives.

C’est l’objet de cette proposition de Maintenant la Gauche, que nous soumettons aux militants socialistes, à toute la Gauche et au mouvement écologiste.

L’alternative doit être économique

Il faut lever le tabou de la relance du pouvoir d’achat et de la consommation en augmentant les revenus des plus modestes et des salariés les plus précaires, réviser le pacte de responsabilité et ne pas laisser toutes les entreprises bénéficier de 41 Milliards d’euros d’allègement de cotisations et d’impôts sans contreparties, réindustrialiser notre pays pour garantir le redressement et l’emploi dans la durée.

Nous proposons immédiatement :

  • Dès la loi de finances 2015, le vote d’un plan de relance par le soutien à la consommation populaire (28 Mds €) et par des investissements publics et privés (15 Mds €) avec l’augmentation des salaires dans les secteurs abrités de la concurrence internationale, l’amélioration temporaire de l’indemnisation chômage, la revalorisation des minima sociaux, la régulation stricte des loyers, le renforcement de la lutte contre les dépassements des honoraires médicaux.
  • Un programme d’investissements pour les administrations publiques sera mis en œuvre avec, entre autres, l’accélération des projets de fret ferroviaire, de canaux, de tramways urbains, la généralisation du Très Haut Débit.
  • Le logement sera une priorité absolue avec un plan volontariste de construction de logements sociaux et la rénovation thermique des bâtiments.
  • L’épargne des Français sera mobilisée au service du développement économique et industriel grâce à un emprunt national à long terme.
  • La réforme fiscale promise lors de la présidentielle pour plus de lisibilité et de justice, redonnera confiance dans l’impôt, élément central du pacte social. La première mesure consistera à instaurer la progressivité de la CSG. Les niches fiscales inutiles seront supprimées et les moyens nécessaires à la lutte contre la fraude fiscale mis en œuvre.

L’alternative doit être sociale

 La gauche doit réaffirmer avec force que les salariés sont ceux qui créent des richesses, qu’ils doivent être bien rémunérés et que leur droits doivent être élargis.

La revalorisation des salaires, le recul de la précarité et une nouvelle organisation du travail et de la vie des entreprises sont nécessaires. Plutôt que la réduction de la dépense publique, c’est l’emploi qu’il faut privilégier et celui des jeunes en particulier.

Il faut encourager la création d’emploi dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, le développement durable local, l’économie circulaire et plus généralement jouer la carte du « made in France ».

La protection sociale est une chance, pas une charge. Le déficit de la sécurité sociale est d’abord la conséquence d’une insuffisance de recettes et donc d’un manque d’emplois mais également d’une fraude massive aux cotisations sociales.

En matière de politique familiale, le soutien à toutes les familles et la lutte contre les inégalités doivent être accrus.

L’enjeu de l’accès aux soins de santé est central. Pour y répondre, la prise en charge financière par les régimes de base de la sécurité sociale doit être consolidée.

Nous proposons immédiatement :

  • Une relance de la politique salariale par la revalorisation du SMIC, la refonte des grilles salariales, la garantie de minima conventionnels de branche supérieurs ou égaux au SMIC, la levée du gel des salaires de la fonction publique.
  • Une nouvelle étape des lois Auroux renforcera les droits des travailleurs et des syndicats dans l’entreprise et améliorera les conditions de travail. Il est très important de renforcer les droits des Comités d’Entreprise et leur donner un droit de veto sur des sujets clefs pour le devenir de l’entreprise.
  • Une conférence gouvernement/organisations syndicales fixera annuellement une feuille de route sur l’amélioration des droits et conditions de travail dans le public comme dans le privé
  • Une loi-programme pour l’emploi des jeunes permettra d’accroître massivement le nombre de jeunes en apprentissage, en lien étroit avec l’Éducation nationale. La mise en œuvre progressive de l’allocation d’autonomie permettra aux étudiants de ne plus devoir travailler pour suivre leur cursus universitaire.
  • Des initiatives seront prises pour promouvoir un nouveau mode de développement, durable et local. Les contrats de projets État-Régions comporteront des objectifs chiffrés de création d’emplois en faveur de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), l’économie circulaire, le développement local durable. Des contrats de relocalisation des activités seront négociés avec les entreprises et des postes seront créés pour renforcer le contrôle des marchandises importées et le strict respect des règles et normes sanitaires, environnementales.
  • La protection sociale – santé et le vieillissement – représentent deux défis majeurs qu’il faudra relever par un plan de consolidation de l’hôpital public, par la généralisation de certains remboursements par la Sécurité Sociale et non par les Mutuelles. Le numerus clausus pour les études médicales sera supprimé et permettra l’accès aux études médicales à davantage de jeunes.

L’alternative doit passer par la régulation

La finance nuit aujourd’hui à l’économie réelle. Il faut réguler les secteurs où l’intérêt public est en jeu, faire obstacle au mouvement de libéralisation généralisé.

Nous proposons immédiatement :

  • Une seconde loi bancaire séparant strictement les activités de dépôt des activités de spéculation ;
  • une taxe européenne sur les transactions financières ;
  • un renforcement de l’action de la Banque Publique d’Investissement.

L’alternative doit être émancipatrice

L’éducation et la culture, par la maîtrise des pratiques et des savoirs qu’elles apportent, par le regard critique et informé qu’elles peuvent permettre d’acquérir, constituent les voies de l’autonomie, de l’égalité et de la citoyenneté. Quand certains réduisent l’école à l’enseignement des fondamentaux (lire, écrire compter) et que d’autres ne lui assignent qu’une finalité économique, quand la culture est trop souvent rangée au magasin des accessoires facultatifs et considérée comme une variable d’ajustement budgétaire pratique, nous réaffirmons que l’enjeu est décisif : il s’agit de doter les citoyens d’outils pour analyser et comprendre le monde et les autres.

Nous proposons immédiatement :

  • Sanctuariser le budget de l’Éducation Nationale et les 60 000 postes annoncés ;
  • Pérenniser les dotations de l’État pour les premières années de la mise en œuvre des rythmes scolaires dans les communes doivent être pérennisées ;
  • Mettre en œuvre au sein de l’école le grand plan d’éducation artistique et culturel que nous avions annoncé en 2012 et donner toute sa place à l’« éducation à l’image » et à la maîtrise des médias numériques ;
  • Adopter une loi interdisant la prise de contrôle des médias et des groupes de presse par des sociétés bénéficiant de la commande publique ;
  • Généraliser le service civique en l’orientant vers les mouvements d’éducation populaire et les associations ;
  • Assurer l’actualisation du budget de la culture et restaurer la viabilité du régime des intermittents du spectacle.

L’alternative doit être démocratique

Les institutions de la Ve République ont confirmé leur nocivité.

La crise actuelle trouve ses racines autant dans les mécanismes économiques que dans le blocage des institutions françaises. Le mythe de l’homme providentiel, la faiblesse du Parlement, la crise de représentation des couches populaires, le poids des élites technocratiques constituent des dangers majeurs pour notre démocratie.

Il revient à la gauche de préparer une véritable réforme constitutionnelle, en ne craignant pas de recourir au référendum.

Il faut également engager une mutation de la haute fonction publique, garantir son indépendance et son intégrité. L’aller-retour entre le public et le privé doit être interdit.

Notre Constitution doit consacrer des droits contemporains nouveaux : droit au logement, droits des salariés dans l’entreprise.

Sortir de la crise de défiance politique suppose de promouvoir la culture de la participation, ouvrir des lieux d’expression, faire des partis des lieux de débat et de contre-pouvoir, valoriser le militantisme et redonner du pouvoir aux citoyens.

Nous proposons immédiatement :

  • La constitution d’un comité national rassemblant les forces de gauche, afin de travailler à des grandes modifications constitutionnelles.
  • La loi sur le non cumul des mandats devra s’appliquer immédiatement aux élus de gauche.
  • Une dose de proportionnelle sera introduite pour les élections législatives et la loi pour rendre effectif le principe du référendum d’initiative populaire sera améliorée.

L’alternative doit être européenne

La grave dépression qui saisit l’Europe est le résultat des choix que les libéraux et les sociaux-libéraux imposent aux peuples. Nous restons fidèles au message du candidat Hollande : il faut construire un rapport de forces pour imposer l’indispensable réorientation de la construction européenne. Il est temps de « renverser la table ».

Assumons notre refus de suivre le cadre actuel du Pacte de Stabilité. Le décrochage entre les dirigeants de notre parti et notre électorat est lié en partie par la ratification du Traité pour la Stabilité, la Convergence et la Gouvernance (TSCG) sans la moindre modification.

Nous proposons immédiatement :

  • Un moratoire sur le pacte de stabilité et une feuille de route pour sortir de la crise : Indiquons clairement à nos partenaires que nous refusons d’accorder la priorité à la réduction des déficits publics.
  • Le Président de la République et le Gouvernement devront soumettre des propositions de relance économique et sociale et un programme de transition écologique au vote du Parlement et l’adresser à nos partenaires européens.
  • La politique de relance devra prévoir la mise en œuvre de grands projets industriels pour la transition énergétique. Les investissements d’avenir (éducation, recherche, infrastructures écologiques, numériques et de transport) seront soustraits du calcul des déficits publics. Nous agirons pour revoir le rôle de la BCE, afin que la parité Euro/Dollar soit arbitrée par les politiques et non par les marchés.
  • L’Europe sociale est nécessaire. Il faut un engagement majeur en faveur de convergences sociales, en particulier la perspective d’un SMIC européen.
  • Le culte du libre-échange généralisé constitue une menace. Partisans du « juste échange », nous pensons que l’Europe a un rôle à jouer en prenant la tête de la lutte contre le changement climatique et le dumping social, en refusant les Traités de libre-échange entre l’UE et les USA-Canada.

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L’ensemble de ces mesures constitue une alternative de gauche susceptible de faire sortir la France de la crise et de répondre aux aspirations d’une grande majorité de nos concitoyens.

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