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Question d’actualité au gouvernement : pénurie de médicaments – mardi 9 juillet 2019

J’ai interpellé mardi 9 juillet 2019 à 16h48 pour le groupe CRCE Madame Agnès Buzyn, Ministre de la Santé, sur la pénurie de médicaments, phénomène qui s’accroît de manière alarmante.

La réponse de la Ministre illustre ce que je craignais : nous ne pouvons pas rester entre les mains de la « bonne volonté » des laboratoires pharmaceutiques.

Les propositions concrètes de notre groupe pour répondre à cet enjeu majeur attendent toujours d’être prises en compte…

Question :

« Madame la Ministre,

Depuis plusieurs années, on constate la montée de la pénurie de médicaments et le gouvernement a tardé à réagir au point que la situation est désormais alarmante. Des bébés ne peuvent être vaccinés à temps, des personnes touchées par le cancer ne peuvent recevoir leur traitement, des malades de Parkinson peuvent être gravement atteints par la rupture de leurs médicaments. La liste est longue. Face à ce constat, vous avez annoncé la volonté d’agir du gouvernement. Pourtant vos déclarations ne semblent pas vouloir s’attaquer à l’impuissance publique face aux laboratoires pharmaceutiques. Or ce point est majeur.

Les laboratoires :

  • renchérissent les prix en organisant les pénuries ;
  • ils prônent le recours aux flux tendus, réduisant les stocks pour maximiser les profits ;
  • ils délocalisent hors de France la production et la recherche. Prenons l’exemple de Sanofi qui après avoir fermé de nombreux sites prévoit la suppression de 1500 emplois en 2019 dont 300 dans le secteur de la Recherche & Développement alors même que cette entreprise a touché chaque année 150 millions d’euros de CIR, sans même compter le CICE ;
  • ils laissent arriver d’Asie des lots de mauvaise qualité qui sont bloqués lors des contrôles et contribuent à la pénurie.

Il est temps que tout cela change, que la filière pharmaceutique soit considérée comme stratégique et vitale, que l’État soit capable d’assurer l’approvisionnement de médicaments de qualité à des prix abordables. Que compte faire concrètement le gouvernement pour atteindre ces objectifs ? »

Réponse à la Ministre :

« Je crains que vos déclarations soient en deçà des risques et de l’enjeu. Je vous demande de prendre en considération nos propositions : Première proposition : La création de pôles publics du médicament intervenant tant pour la production que pour la recherche, car on ne peut rester entre les mains de la « bonne volonté » des laboratoires pharmaceutiques et qu’il en va de la santé de nos concitoyens comme de la souveraineté nationale. Deuxième proposition : un programme public de distribution des médicaments et des principes actifs en mobilisant la pharmacie centrale des armées et l’agence générale des équipements et produits de santé. Troisième proposition : La mise en place d’un conseil national du médicament garantissant la transparence et la démocratie sanitaire. Et enfin : il est indispensable d’organiser immédiatement la filière pour stopper les délocalisations.« 

 

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