Libertés publiques

« Vous nous préparez une petite France ! » – examen au Sénat de la « Loi anti-casseurs » – 12 mars 2019

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Lors de la séance du mardi 12 mars dans la soirée, le Sénat examinait la proposition de loi dites « anti-casseurs » – portée à l’origine par Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat – qui avait été dans un premier temps fustigée par le gouvernement Macron-Philippe, avant que ce dernier ne la récupère dans une entreprise malsaine de répression d’une contestation sociale légitime à laquelle il refuse de donner droit.

Cette proposition de loi défendue désormais par la droite conservatrice, l’exécutif et La République en Marche est particulièrement dangereuse.

Je suis donc intervenue à deux reprises dans les débats pour alerter les parlementaires et les Français sur le chemin périlleux sur lequel – à courte vue – ils nous entraînent. Vous retrouverez ci-dessous les vidéos de ces interventions.

« Vous nous préparez une petite France ! La France est grande quand elle est ferme sur les principes. Ayons la mémoire de l’histoire ! Certains pourront utiliser les lois de fichage, d’affaiblissement des libertés contre la République. Nous parlons de manifestations et non de terrorisme !

Dans l’histoire des manifestations, paysannes, parisiennes ou estudiantines, les périodes de débordements, de déstabilisations, qui sont le fait de minorités, ont toujours existé.

Quelle impuissance ! Nos amis européens ont-ils besoin de ça pour lutter contre les Black Blocs ? L’Allemagne a trouvé d’autres solutions pour y répondre. L’ONU, l’Union européenne mettent en cause notre pays. Cela ne vous frappe pas ? (Vives protestations sur les bancs du groupe Les RépublicainsVous affaiblissez la France en donnant une mauvaise image de notre pays au monde et à notre jeunesse ! (Applaudissements sur les bancs du groupe CRCE et sur plusieurs bancs du groupe SOCR ; protestations à droite)« 

 

« Madame Darcos, à vous entendre, les opposants à ce texte trouvent que les Black Blocs, les violences, c’est normal. C’est faux. Ces violences disqualifient les causes pour lesquelles nous défilons dans les manifestations ! La question est : quel prix voulons-nous faire payer à la société française en termes de libertés fondamentales pour contrecarrer une minorité dangereuse ?

C’est une question d’équilibre. Selon M. Alain Richard, l’ordre public relèverait du champ de l’action discrétionnaire. Celui-ci s’accroît d’année en année, sans que cela donne de résultats. Les libertés individuelles sont de plus en plus menacées. Je n’ai pas honte d’être la vieille gauche de Jaurès… contre le parti de l’ordre, qui fait des courbettes au Front national… (Protestations sur les bancs du groupe Les Républicains)« 

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