Déserts médicaux

Retour sur les débats du PLFSS 2023 : rien de sérieux sur les déserts médicaux !

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Nous votions lundi après-midi le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023. J’ai voté contre. L’une des raisons majeures c’est le fait que ce budget de la Sécu ne répond pas à l’un des défis majeurs auquel nous sommes confrontés : nous ne formons pas assez de médecins !

Je suis intervenue à plusieurs reprise dans le débat, notamment dans la soirée du 9 novembre 2022.

Le groupe CRCE, rejoint par de nombreux collègues de gauche, a plaidé pour un conventionnement sélectif pour l’installation des nouveaux médecins. Cela signifie que le conventionnement de la sécurité sociale (secteur 1) ne serait plus accordé aux médecins s’installant dans des secteurs dont le nombre de médecins (déjà installés) par habitant serait supérieur à la moyenne nationale (territoires surdotés) afin de favoriser leur implantation dans les autres territoires dits sous-dotés. J’ai soutenu cette proposition dans le débat public en répondant aux arguments de ceux qui y sont opposés et qui prétendent qu’« il est prouvé que des obligations d’installation ne marchent pas » ou que cela pénalisera les jeunes médecins et dissuadera notre jeunesse de choisir ces métiers. Résultat : on laisse perdurer ses déserts médicaux avec d’éventuelles améliorations à la marge. La seconde proposition consiste à favoriser la pratique salariée des médecins – ce qui est un souhait de la nouvelle génération –, en particulier en développant des centres de santé et la possibilité de travailler à temps partagé entre l’hôpital et la médecine générale dans les communes.

Les 13 % de plus, en raison de la prétendue ouverture du numerus clausus, ne sont pas à la hauteur des besoins. J’intervenais en ce sens lors de la séance de nuit au Sénat entre le 9 et le 10 novembre vers minuit 20… Le ministre de la Santé avait osé tenir le raisonnement selon lequel on ne sait pas combien de médecins il faut former.

Il me semble tout de même que, dans un pays développé, les principes de prédiction, d’évaluation et de réflexion sont à la portée d’un raisonnement fondé permettant de dire ce que pourrait être le créneau du nombre de médecins nécessaires.

Il n’est pas inintéressant de réfléchir à la territorialisation des postes ouverts, car il existe un lien, quoi qu’on en dise, entre le lieu où l’on fait ses études et la tendance que l’on a naturellement à s’installer. Je me rappelle surtout que ce genre de raisonnement – c’est l’inconvénient d’être un peu plus âgée que les autres – a déjà été utilisé lorsque nous disions que nous n’aurions pas autant besoin de médecins, parce que les nouvelles technologies allaient libérer des places. Or la médecine est aussi un savoir humain. Et quand les technologies et les besoins évoluent, la formation et la reconversion doivent s’opérer.

En vertu du principe de précaution, il vaudrait mieux en former plus que ce dont nous avons que moins ! Je ne comprends toujours pas pourquoi il n’est pas possible de redoubler sa première année de médecine. Je connais de très bons élèves qui redoublent leur année et qui vont faire leurs études en Roumanie et en Belgique. Bravo la France !

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